| Summary |
La rédaction de ce document de programmation s’inscrit dans un contexte sans précédent. L’Union européenne et le monde entier ont été gravement touchés par la pandémie de COVID-19, avec des millions de cas signalés et plus de 200 000 décès dans l’Espace économique européen (EEE) et au Royaume-Uni (RU). Les États membres de l’UE ont réagi en instaurant toute une série de restrictions et en mettant en place simultanément des mesures de soutien aux entreprises et aux citoyens. Les partenaires sociaux ont apporté une contribution appréciable à ces efforts, notamment en négociant les mesures de soutien et en veillant à ce que les lieux de travail restent sûrs. La pandémie a plongé l’économie européenne, qui connaissait déjà un ralentissement, dans une récession brutale, avec la plus forte contraction de la production enregistrée depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon les prévisions d’été de la Commission européenne, le PIB de l’UE devrait se contracter de 8,3 % en 2020 et augmenter d’environ 5,8 % en 2021. Le choc économique est asymétrique, frappant les pays et les secteurs d’activité avec une force, une profondeur et une persistance différentes, ce qui pourrait entraîner une reprise inégale avec des écarts plus importants et plus durables entre les États membres de l’UE, les secteurs d’activité et certains groupes spécifiques. La crise a eu un impact considérable sur le marché du travail européen, provoquant une hausse du chômage, une augmentation importante du travail à durée réduite et un essor sans précédent du télétravail. Après huit années de baisse constante du taux de chômage (qui est passé de 11,4% en 2013 à 6,5 % en février 2020), le chômage repart aujourd’hui à la hausse. Le volume d’heures travaillées a ainsi diminué de 25 % par rapport aux premier et deuxième trimestres 2020, et le recours à des régimes de chômage partiel dans toute l’UE a permis d’éviter des pertes d’emplois plus importantes. En juin 2020, plus de 42 millions de travailleurs, soit 27 % de l’ensemble des salariés de l’UE, ont demandé à bénéficier d’un régime de chômage partiel. Depuis le premier confinement de mars 2020, des millions de salariés pratiquent le télétravail et beaucoup d’entre eux continueront à le faire. Les perspectives économiques sont incertaines et dépendent des vagues récurrentes de l’épidémie, de l’application des mesures de confinement et de soutien ainsi que de l’impact asymétrique sur les secteurs industriels et les pays. Il ne fait guère de doute que la crise de la COVID-19 et ses séquelles entraîneront des changements structurels sur le marché du travail et dans son fonctionnement, mais aussi sur notre façon de vivre et de travailler. L’impact de la crise de la COVID-19 pourrait accentuer l’augmentation prononcée des perceptions d’insécurité et des inquiétudes concernant les perspectives d’avenir, non seulement parmi les personnes les plus marginalisées, mais aussi dans des pans plus importants de la société, ce qui pourrait déboucher sur des expressions de division, de désillusion et de méfiance à l’égard des élites, notamment en ce qui concerne l’intégration européenne. Parallèlement à ces évolutions, les principaux facteurs de changements structurels en Europe restent liés à la démographie, à la technologie, à la mondialisation et au changement climatique. L’évolution technologique, en partie accélérée par la crise de la COVID-19, se poursuit à un rythme soutenu. L’automatisation, notamment celle portée par l’intelligence artificielle (IA), détruira et créera des emplois tout en transformant la nature du travail. Eurofound a montré que si l’on peut escompter que la transition vers une économie neutre en carbone crée plus d’emplois qu’elle n’en détruira, elle modifie également la structure de l’emploi3 . Cette transition, qui pose des défis plus importants en ce qui concerne les conditions de vie et de travail à la lumière des objectifs ambitieux fixés par l’UE, devrait être ajoutée à la liste des défis soulevés par la crise de la COVID-19. L’impact de la crise de la COVID-19 pourrait accentuer l’augmentation prononcée des perceptions d’insécurité et des inquiétudes concernant les perspectives d’avenir, non seulement parmi les personnes les plus marginalisées, mais aussi dans des pans plus importants de la société, ce qui pourrait déboucher sur des expressions de division, de désillusion et de méfiance à l’égard des élites, notamment en ce qui concerne l’intégration européenne. La réduction de la taille de l’UE, de 28 à 27 États membres, constituera un autre changement structurel important. L’année 2020 a marqué la fin de la période de transition du Brexit et le début d’une nouvelle relation entre l’UE et le Royaume-Uni. |